Entretien avec David Beni, fondateur d’arx iT.

Qu’est-ce qui pousse un intégrateur à utiliser FME ?

arx iT est une société de service spécialisée dans le conseil SIG et le développement de solutions géoinformatiques et mobiles personnalisées. Dans le cadre de nos projets, nous cherchons en permanence à offrir à nos clients les solutions les plus adaptées à leurs besoins et présentant toutes les garanties en matière de qualité, de fiabilité et de pérennité. Nous utilisons ainsi FME au quotidien pour le traitement et l’intégration de données spatiales dans la mesure où il permet de satisfaire toutes ces exigences avec de surcroît un coût de mise en œuvre très réduit.

C’est le cas pour le projet CDNChecker, quel était le besoin ?

Le Canton de Vaud (Suisse) gère un grand nombre de données géographiques territoriales rassemblées dans une base de données centralisée (Geodatabase Esri). Son enrichissement et sa mise à jour proviennent en partie de prestataires privés : bureaux d’études, géomètres, architectes…

C’est notamment le cas dans le domaine de la cartographie des risques naturels. Une vingtaine d’entreprises saisissent les données géographiques sur les événements, les aléas, la nature des dangers, l’intensité du risque, les mesures de protection, etc., en s’appuyant sur le référentiel orthophotographique et sur une ossature de base fournie par le Canton. Les données doivent être saisies selon un cahier des charges précis afin de respecter la législation cantonale et garantir l’homogénéité des livraisons.

En 2010, le service informatique du Canton de Vaud a lancé un appel d’offres, afin de disposer d’une solution permettant d’assurer la qualité des livraisons effectuées par les prestataires. Le projet devait permettre à chaque producteur de données de valider par lui-même la conformité de ses données aux règles de saisie avant leur envoi à la cellule des dangers naturels (CDN) ainsi que leur intégration dans la géodatabase centralisée.

Comment avez-vous construit votre réponse ?

Chaque point du cahier des charges était relativement simple à implémenter dans un outil comme FME, mais l’intégration de l’ensemble des règles dans un projet unique posait des difficultés sérieuses pour le développement, la maintenance et surtout en matière de performances. À la même époque, Veremes travaillait au développement de Qualigéo, un outil de contrôle générique capable d’exploiter un grand nombre de contraintes spécifiées dans une base de données externe. Un test nous a convaincu de la pertinence de cette méthode pour le projet CDNChecker. Veremes nous a également proposé d’utiliser GTF pour répondre au besoin d’automatiser les contrôles et la génération des rapports suite au dépôt en ligne par un prestataire de fichiers à contrôler.

Au final, nous avons pu établir une offre combinant notre expertise sur l’environnement Esri et le développement web avec une intégration poussée des produits FME, Qualigéo et GTF. Nous disposions ainsi d’une solution homogène, simple d’emploi pour les prestataires externes et surtout limitant le temps de développement.

Comment s’est déroulé le projet ?

arx iT a intégré toutes les règles de validation de la CDN sous la forme de schémas de contraintes de Qualigéo. Ces règles sont nombreuses car il faut se conformer à la législation mise en place par le Canton qui définit précisément la nature des données à saisir, la structuration des champs, les types et listes d’attributs possibles ainsi que les liens entre les différentes couches (comment un aléa doit être codé pour qu’il soit directement exploitable dans la couche sur l’intensité des risques, par exemple). En outre, afin de garantir une bonne intégration dans la géodatabase, d’autres contraintes géométriques et topologiques ont été intégrées.

Pour certaines contraintes spécifiques, nous avons dû développer nos propres règles en Python dans Qualigéo, par exemple pour la prise en compte des dates selon les formats spécifiques du Canton. D’autres contraintes ont été ajoutées ou améliorées directement dans Qualigéo par Veremes telles que la topologie conditionnelle.

Pour illustrer l’utilisation de cette dernière, une couche polygonale d’aléas ne présente pas de contrainte topologique : un couloir d’avalanche peut chevaucher une zone de glissement de terrain. Par contre, si l’on s’intéresse à chaque type d’aléa de manière individuelle, il existe des contraintes géométriques entre les entités de même nature et l’on considérera comme une erreur toute superposition entre deux couloirs d’avalanche.

A quoi ressemble l’architecture finale ?

Au final, la solution installée est représentée sur le schéma ci-dessus.

Pour lancer une opération de contrôle, un prestataire doit d’abord s’authentifier sur l’application Web GTF. Puis il choisit la géodatabase à déposer sur la plate-forme en vue du contrôle qualité. Ce fichier est alors envoyé automatiquement sur le serveur et le traitement FME de contrôle est exécuté quelques instants après. Le traitement FME exploite de manière dynamique la base de contraintes définie avec Qualigéo, dans laquelle ont été consignées toutes les règles de vérification du projet CDN.

Le traitement FME s’effectue en deux temps : d’abord le contrôle des données, puis la génération d’un rapport contenant des statistiques sur le jeu de données et la description détaillée des éventuels problèmes. Un fichier Esri Shapefile décrivant les problèmes et leur localisation est également produit si nécessaire. Le portail web proposé au prestataire lui permet de consulter l’historique de ses demandes et de télécharger les rapports de contrôle. Lorsque le lot de données ne contient plus aucune anomalie, il peut être livré au CDN pour intégration.

Il est important de noter que les règles définies dans Qualigéo peuvent être affinées en permanence en utilisant l’application Qualigéo Designer. Les demandes de mise à jour de la CDN (4 fois par an en moyenne) sont ainsi rapidement prises en compte sans avoir à modifier le traitement FME sous-jacent et sans interruption de service. En outre, le système d’administration de la plate-forme permet à l’équipe d’arx iT de gérer l’application via une console Web et notamment d’attribuer des droits à de nouveaux prestataires, de suivre l’état des demandes de contrôle ou d’intervenir en cas d’erreur.

Bilan

Pour répondre aux nouvelles demandes de la CDN et bénéficier des nouvelles fonctionnalités de Qualigéo, une nouvelle version de CDNChecker a été livrée en mai 2012. Depuis cette date, plus de 400 demandes ont été traitées. L’application a été bien accueillie par les prestataires car elle allège le processus de validation des données et facilite leur correction. De plus, une fois les données corrigées, l’application permet aux prestataires de justifier la conformité des lots livrés au Canton, qui possède un accès à l’ensemble des demandes postées et aux rapports correspondants. Au total, le nombre d’allers-retours est diminué.

Cette solution 100% web dispose d’une grande capacité d’adaptation : elle peut être adaptée très rapidement au contrôle d’autres jeux de données, géographiques ou non, et à une volumétrie bien supérieure en garantissant des performances optimales.

 

Organisme : arx iT
Personne interrogée : David Beni, Fondateur & Directeur
www.arxit.com

Cette étude de cas fait partie de notre livre blanc « Échange et traitement de données géographiques : à quoi sert un ETL spatial ? »

Cet ouvrage gratuit explique la notion d’ETL spatial, décrit les différents outils disponibles et présente de nombreuses études de cas dans différents domaines d’activités : services, industrie, collectivités, sécurité…

Un document de base pour comprendre le succès de ces logiciels incontournables pour intégrer et exploiter des données géographiques dans un système d’information.