Comment concilier l’exploitation d’outils métier de gestion de réseaux et l’échange de données hétérogènes avec ses clients et partenaires. Rémy Cavinato est responsable SIG chez Veolia Eau, région Est, ainsi qu’administrateur de la base de données régionale. C’est lui qui a fait entrer FME chez le leader mondial du traitement de l’eau. FME ? Un outil désormais indispensable au quotidien. Il nous explique pourquoi.

Comment est organisé le système d’information géographique chez Veolia Eau ?

Veolia Eau gère quelque 280 000 kilomètres de canalisations d’eau et d’assainissement en France pour le compte de nombreuses collectivités. Notre histoire SIG a commencé il y a une vingtaine d’années. Aujourd’hui, le SIG est basé sur GIRIS, une solution « maison » qui exploite MicroStation en lien avec une base Oracle. Le client GIRIS « lourd », qui permet de mettre à jour nos bases de données, est utilisé par une centaine de personnes, administrateurs de données et opérateurs fortement impliqués. Mais nous avons également une version web, basée sur MapServer et Oracle, qui permet aux exploitants de consulter la base patrimoniale, d’imprimer des plans avant d’intervenir sur le terrain, de saisir et de suivre les interventions, etc.

Comme nous sommes organisés en huit grandes régions, chaque base régionale est indépendante même si nous partageons tous le même modèle de données de base. Pour la région Est, nous gérons 20 000 km de réseau, 234 000 regards et plus de 71 000 vannes.

Pourquoi avoir fait appel à FME ?

De plus en plus de collectivités disposant de leur propre SIG nous demandaient de leur livrer les fichiers représentant notre réseau, ce qui est souvent prévu contractuellement. Pendant longtemps, nous nous sommes contentés de leur fournir des fichiers DXF ou DWG accompagnés de tables Excel pour la description des attributs. La solution était de moins en moins satisfaisante tant pour les clients que pour nous.

En 2004, j’ai commencé à regarder sur Internet, à poser des questions autour de moi et j’ai découvert FME. J’ai pu tester le logiciel pendant quelques semaines et je me suis vite rendu compte qu’il correspondait parfaitement à nos besoins. Une collectivité qui mettait une semaine à intégrer nos données dans son SIG à chaque livraison de fichier n’y passe plus que quelques heures.

Comment est utilisé FME aujourd’hui ?

L’usage de FME s’est étendu à toutes les régions ; nous disposons de licences flottantes qui sont exploitées en commun. Une à deux fois par an, nous réalisons des extractions de la base pour les grandes collectivités. Personnellement, je travaille avec une cinquantaine de collectivités. L’intérêt de FME, c’est qu’il me permet d’offrir un service beaucoup plus personnalisé aux collectivités : elles choisissent leur format, leur système de coordonnées, elles peuvent même nous demander d’ajuster le modèle de données à leur SIG. Je crée un projet FME-Workbench spécifique à chacune, ce qui me permet ensuite de générer régulièrement le jeu de données qui correspond à leur attente. Les collectivités sont tellement contentes qu’elles nous en demandent de plus en plus : gérer les arrondis, la longueur des champs, substituer un nom d’attribut par un autre…

Mais j’utilise également FME dans bien d’autres cas. D’abord, dans les échanges avec d’autres partenaires comme les Services Départementaux d’Incendie et de Secours (SDIS). Je passe également par FME pour intégrer les plans de récolement transmis par les collectivités ou les géomètres quand il y a eu des travaux. Cela me permet d’intégrer rapidement dans notre SIG les différents éléments des plans AutoCAD-DWG qui sont fournis. En outre, FME m’est utile dans l’intégration des référentiels de l’IGN. Ainsi, quand nous recevons la BD Topo, nous transformons les linéaires de voies en éléments surfaciques structurés. Il suffit d’utiliser l’attribut largeur de voie et des règles de construction pour reconstituer les polygones correspondants. De plus, l’institut nous livre ses bases par département et FME me permet de reconstituer mon espace régional.

FME semble être mobilisé pour tous les objets géométriques qui entrent ou sortent de votre base de données. Quid des informations attributaires ?

Il nous est également très utile pour effectuer des bilans, des rapports, des inventaires pour nos services en interne. Ainsi nos exploitants demandent régulièrement des bilans chiffrés par commune, des rapports régionaux. Nous pouvons même regrouper différents attributs en une catégorie (par exemple l’ensemble des conduites en fonte sur une commune).

En fait, je me sers en permanence de FME pour faire toutes sortes d’extractions, qui peuvent même enrichir notre propre SIG. C’est par exemple le cas pour le taux de risque de casse par tronçon. Je commence par extraire toute une série d’attributs tels que le diamètre, la date de pose, le matériau, les interventions… sur chaque tronçon. Ces éléments extraits via FME alimentent ensuite une basse MS-Access purement alphanumérique qui va permettre un certain nombre de calculs statistiques afin de définir, pour chaque tronçon, un risque de casse, résumé par une note allant de 1 à 5. Ensuite, toujours avec FME, je réinjecte ce nouvel attribut dans la base Oracle, ce qui me permet d’effectuer des représentations cartographiques.

Finalement, FME est devenu un élément indispensable du SIG ?

Oui, si on m’enlève FME, je ne pourrai plus travailler. Dès qu’on me pose un problème, mon premier réflexe est de faire appel à FME. Si je ne vois pas du tout comment faire, je vais passer par Oracle, mais au quotidien, je préfère passer par FME. C’est un outil important, qui nous fait gagner du temps, nous permet d’être professionnel, de répondre à des clients qui sont de plus en plus exigeants. C’est également un argument commercial dans la négociation de contrats. Les collectivités savent que nous pourrons produire des bilans chiffrés complets et qu’elles récupèreront des fichiers répondant parfaitement à leurs besoins, quels qu’ils soient.

 

Organisme : Veolia Eau
Personne interrogée : Rémy Cavinato – responsable SIG région Est
www.eau.veolia.fr

 


 

Cette étude de cas fait partie de notre livre blanc « Échange et traitement de données géographiques : à quoi sert un ETL spatial ? »

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