Nathalie Letessier – Surcin, Responsable du Pôle SIG Ville de Créteil & CA Plaine Centrale nous explique le fonctionnement de cette structure, originale dans sa gouvernance et ses missions.

Quelles sont les missions du Pôle SIG ?

Nathalie Letessier – Surcin : La Ville de Créteil et La Communauté d’Agglomération Plaine Centrale du Val-de-Marne ont créé en 2010 un pôle SIG commun avec une double mission : fournir à leurs services respectifs les outils nécessaires à leur activité et favoriser la communication avec les citoyens. Les orientations annuelles sont définies par un comité de pilotage composé du Directeur Général des Services et d’élus des deux collectivités.

La première action du pôle SIG a été de mettre en place le socle technique permettant de répondre à ses missions tout en restant compatible avec les solutions déjà en place dans les différents services (AutoCAD-Map). Oracle a d’abord été retenu pour le stockage des données, puis Aigle de Business Geographic pour la génération d’applications à destination des agents des collectivités, enfin WGS portal de Web Geo Services pour l’accès grand public.

Le Pôle SIG est rattaché à la DSI, il n’a pas vocation à remplacer les services qui doivent rester autonomes dans l’exécution de leur mission, y compris pour la production de données géographiques et les tâches cartographiques.

Les services gèrent donc eux-mêmes leurs données ?

Oui. En dehors des données référentielles fournies par nos partenaires telles que le Plan Cadastral Informatisé de la DDFIP, le RGE de l’IGN, les transports en commun du STIF, etc. Nous intégrons avec FME, les agents exploitent les données au travers de leur applications métiers ou à partir de traitements prédéfinis.

Avec FME ?

Oui, mais pas directement. Le déploiement et les mises à jour de FME sur le poste des utilisateurs entraîneraient une charge de travail trop importante, sans parler du coût des licences supplémentaires. Mais le principal problème est la formation des utilisateurs. Même s’ils manipulent des données géographiques, on ne peut pas demander à tous les agents de devenir des experts en FME et d’accéder directement aux bases de données. D’autant que nos services s’étendent au-delà de la sphère purement cartographique et concernent également de simples utilisateurs d’Excel.

Nous utilisons le produit GTF de Veremes pour publier les traitements conçus avec FME. L’équipe du Pôle SIG assure la conception et la maintenance des traitements ainsi que leur publication et la gestion des droits. Les agents y accèdent simplement par leur navigateur web. Ils n’ont qu’à saisir les paramètres correspondant à leur demande et valider le formulaire. Le résultat est disponible quelques minutes plus tard dans l’application ou leur boîte mail.

Un exemple ?

Le service Habitat exploite régulièrement des données statistiques de l’INSEE. Ces données sont stockées sous Oracle dans une structure assez simple mais très volumineuse : plusieurs centaines d’attributs et des dizaines de milliers d’enregistrements sur plusieurs années. L’exploitation directe de cette table sous Excel serait très difficile et inutile car les analyses concernent toujours une thématique (activités, formation, logement…) et un niveau spécifiques (iris, commune, département…). Un traitement FME publié sur GTF permet aux agents concernés d’extraire les données au format Excel en spécifiant les attributs de leur choix et le niveau d’agrégation des données.

L’exemple est simple mais représentatif : les traitements ne concernent pas toujours des données géographiques, ils peuvent être mis en place pour répondre à un petit nombre d’utilisateurs, chaque agent ne pouvant accéder qu’aux traitements qui le concernent. En tout, une trentaine de traitements sont déjà disponibles et concernent les différentes compétences de la ville ou de l’agglomération : délinquance, stationnement, propreté, circulation, assainissement, comités de quartier, statistiques…

Il s’agit toujours d’extraire ou convertir des données ?

Non, plusieurs traitements permettent à des utilisateurs de mettre à jour les bases de données métiers. C’est le cas par exemple des inventaires réalisés par les agents de la propreté ou ceux du service sécurité/prévention. La saisie individuelle de chaque information étant relativement fastidieuse de manière cartographique nous leur proposons de remplir un tableau sous Excel qui permet une saisie rapide à partir de listes déroulantes. Une fois la saisie faite, les agents peuvent mettre à jour la base de données en lançant un traitement d’intégration de leur fichier Excel via GTF. Le traitement FME assure le géocodage et la mise à jour de la base de données. Si une incohérence est détectée, FME génère un rapport d’erreur qui est envoyé à l’utilisateur.

Votre seconde mission concerne le grand public…

La ville de Créteil et l’agglomération Plaine Centrale du Val-de-Marne ont en effet une démarche très volontariste pour ouvrir la cartographie aux citoyens et en faire un outil d’échange, pas uniquement d’information. Nous avons initié cette démarche avec le projet de rénovation urbaine du quartier des Bleuets, à travers la construction d’une cartographie du quartier par les habitants.

Là encore, nous utilisons le couple FME/GTF pour automatiser les tâches d’administration du portail cartographique. Par exemple, la mise à jour des données s’effectue grâce à un traitement FME publié sur GTF sous forme d’abonnement. Le traitement s’exécute ainsi toutes les nuits et génère des fichiers Google Earth-KML à partir de notre base Oracle puis les copie sur le serveur WGS Portal. C’est de cette manière que s’actualise le plan interactif de Créteil ou encore des cartes encapsulées sur le site de Plaine Centrale.

En fait FME et GTF sont au cœur de notre système d’information en assurant la communication entre nos différents outils internes mais aussi entre notre référentiel Oracle et nos services pour le public situés dans le Cloud d’Amazon.

Quels sont les projets en cours ?

Un de nos projets pour 2014 concerne la mise en place d’un géocatalogue avec un service de diffusion de données, de type OpenData. Je ne doute pas que le couple FME/GTF y jouera un rôle.

Nous avons également entrepris la migration de GTF vers la version 2 qui répond à beaucoup de nos attentes, par exemple en matière d’authentification. Comme nous fournissons des services à deux collectivités nous devons utiliser deux annuaires Active Directory ce qui n’était pas supporté jusque-là. Il y a, parait-il, beaucoup d’autres nouveautés dans la version 2014 qui seront présentées lors de la prochaine conférence FME 2014. J’attends donc avec curiosité…

Références

 

Organismes : Ville de Créteil & Plaine Centrale du Val-de-Marne
Personne interrogée : Nathalie Letessier – Surcin, Responsable du Pôle SIG

 

Cette étude de cas fait partie de notre livre blanc « Échange et traitement de données géographiques : à quoi sert un ETL spatial ? »

Cet ouvrage gratuit explique la notion d’ETL spatial, décrit les différents outils disponibles et présente de nombreuses études de cas dans différents domaines d’activités : services, industrie, collectivités, sécurité…

Un document de base pour comprendre le succès de ces logiciels incontournables pour intégrer et exploiter des données géographiques dans un système d’information.